Pourquoi le bécasseau surveille la frontière entre la mer et la terre (046)

Tout le monde est attendri en hiver par un petit oiseau qui  court le long des vagues de la mer. Saviez-vous que ce petit bécasseau a une tâche très importante ? Grâce à son travail minutieux, la mer et la terre ne se chamaillent plus que  rarement, écoutez :

Il ya très très longtemps, la Mer et la Terre se disputaient en permanence au sujet de la ligne de démarcation. Quand la Mer estimait que la Terre s’était emparée de trop de terre, elle  reprit celle-ci lors d’ une tempête enragée.  Quand en été la Mer  se reposait après sa fureur, la Terre façonnait des dunes et des vasières (slikkes). S’il  lui restait assez de temps, elle renforçait la terre récupérée avec des plantes qui pouvaient résister plus longtemps aux vagues furieuses de la Mer. Mais ceci  renforçait encore la colère de la Mer  qui revendiquait en retour les terres perdues lors des grosses tempêtes automnales .
Les animaux et les hommes étaient souvent victime de ces conflits frontaliers et criaient en désespoir de cause leur demande d’arrêter cette querelle éternelle . Ils demandaient à la Mer et la Terre de désigner un arbitre qui définirait définitivement les frontières.
Et ainsi se faisait.

Le premier arbitre était le roi des oiseaux, le puissant grand aigle de mer.  L’aigle de mer était en effet un oiseau qui vivait aussi bien au-dessus de la mer qu’au-dessus de la terre.
L’aigle de mer supervisait d’une grande hauteur  toutes les côtes du monde. Il revenait six mois plus tard et dit: «J’ai tout examiné avec mes yeux perçants et la frontière se trouve ici! » Mais la Mer contestait cette limite et disait: «L’aigle de mer est partial, il est plutôt un animal terrestre car il couve sur la Terre”.
Juste avant que la Mer n’explose à nouveau de colère et que les tempêtes étaient prêtes à éclater, la Mer acceptait, sur proposition des gens et des animaux effrayés, un nouvel arbitre, le sage roi de la mer, la grande et sage baleine.
La baleine nageait de façon réflechie d’une côte à l’autre, revenait six mois plus tard et dit résolument: «Je l’ai observé sous tous les angles et la frontière se trouve ici! ».

Mais la frontière que la baleine conseillait était rejetée par la Terre car elle estimait que la baleine qui est en fait un animal marin, était trop partial. Tout le monde leva les bras, les ailes et les pattes vers le ciel et craignait une reprise des querelles entre la Mer et la Terre. Durant trois automnes et hivers les tempêtes battaient les côtes du monde. Les animaux et les hommes étaient désespérés. Puis la Providence intervint. La Providence donnait à la Mer et à la Terre un douanier. C’était un petit oiseau discret, blanc, avec quelques vagues taches et son nom était bécasseau. Il courait le long des vagues qui s’écoulaient sur la plage et surveillait ainsi  la frontière entre Terre et Mer. L’oiseau prenait garde que la Terre ne forme pas de petites dunes pour arrêter la Mer et que la Mer ne s’écoule pas trop loin sur la Terre.
Ce petit oiseau faisait si bien son travail que chaque parti l’acceptait comme garde-frontière en permanence. Ainsi, le Bécasseau recevait officiellement le nom de « gardien ». Parce qu’il faisait son travail aussi activement, il  recevait un compagnon. Ensemble, ils gardaient la frontière tellement bien que tout le monde était satisfait. Ils eurent de nombreux descendants à travers le monde. Et jusqu’à ce jour, ils font toujours leur travail.

Sur les côtes maritimes et vasières néerlandaises, belges et allemandes nous retrouvons surtout les petits bécasseaux sanderling qui galopent le long des vagues. Ce sont des visiteurs hivernaux courant des plages de la mer du Nord. C’est un régal pour les yeux de voir ces petites boules excitées  courir le long de  l’eau, cherchant activement de petites créatures marines. Ils n’aiment pas la grande foule et sont surtout visibles sur les plages tranquilles, opérant souvent en groupes. À la fin du mois de juillet ils reviennent déjà du grand Nord où ils nichent et repartent à nouveau à la fin mai. Presque comme le martinet, mais en sens inverse. Les petits bécasseaux ont trois orteils au lieu de  quatre comme la plupart des oiseaux ce qui leur permet de courir rapidement

 

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